
Les difficultés du premier camping sont presque toujours les mêmes. Le choix de l'emplacement, le montage de la tente, la qualité du couchage et la gestion de la pluie concentrent l'essentiel des déconvenues. Les règles de vie des terrains aménagés forment le dernier point d'apprentissage.
Deux ou trois nuits suffisent pour un premier essai, de préférence dans un camping proche de chez soi. On découvre ce qui manque, ce qui ne sert pas, et l'on peut rentrer sans drame si l'expérience tourne court.
Une semaine complète à cinq cents kilomètres, sous tente, avec de jeunes enfants et un matériel jamais déballé constitue au contraire le meilleur moyen de détester le camping pour longtemps.
Choisir un établissement doté de bons sanitaires facilite aussi l'adhésion du reste de la famille. Le confort de la douche pèse plus lourd dans le souvenir que la qualité du paysage.
Quand le camping laisse le choix, quelques minutes d'observation évitent trois nuits désagréables.
Chercher un sol plat, ou très légèrement incliné, en plaçant alors la tête en haut de la pente. Éviter les cuvettes et les creux, qui se transforment en flaque à la première averse, ainsi que le pied immédiat d'un talus.
L'ombre est précieuse en été, mais se garer directement sous un grand arbre expose aux chutes de branches et à la résine. Un arbre proche qui donne de l'ombre en milieu de journée constitue le bon compromis.
Regarder aussi ce qu'il y a autour, la proximité des sanitaires étant pratique mais bruyante, celle de l'aire de jeux agréable avec des enfants et pénible sans, celle de la route ou de la discothèque du camping toujours à fuir.
Enfin, orienter l'entrée de la tente à l'opposé du vent dominant, et de préférence vers l'est pour profiter du soleil du matin sans surchauffer l'après-midi.
Dégager d'abord le sol des cailloux et des pommes de pin, qui se révèlent étonnamment douloureux à travers un matelas.
Étendre la bâche de sol sans la laisser dépasser du tapis de la tente, faute de quoi elle recueille la pluie et la conduit sous le plancher. Monter la structure, puis le double toit, et tendre les haubans en dernier.
Les sardines se plantent inclinées vers l'extérieur, à environ quarante-cinq degrés, ce qui multiplie leur résistance à l'arrachement. Sur sol dur, un maillet est indispensable, sur sable ou sol meuble, il faut des sardines longues et larges.
Vérifier que le double toit ne touche nulle part la paroi intérieure, car tout contact crée un pont d'humidité et provoque des gouttes à l'intérieur, même sans fuite.
Le froid vient du sol, pas de l'air. Un bon matelas isolant fait davantage pour la qualité de la nuit qu'un sac de couchage coûteux posé à même la toile.
Quelques gestes simples aident. Se coucher avec des vêtements secs plutôt que ceux portés dans la journée, qui sont humides de transpiration. Mettre un bonnet léger, la tête étant une zone de déperdition importante. Ne pas s'enfermer complètement dans le sac, la respiration créant de la condensation.
Aérer la tente le matin, portes et fenêtres ouvertes, et sortir les sacs de couchage au soleil une heure. Une tente refermée humide sent mauvais dès le lendemain.
Des bouchons d'oreilles coûtent trois euros et sauvent bien des nuits en haute saison.
Les campings ont des règles de vie qu'il vaut mieux connaître avant de les enfreindre. Le silence est généralement exigé à partir de vingt-deux ou vingt-trois heures, la circulation des véhicules souvent interdite la nuit, et les visiteurs extérieurs doivent se déclarer à la réception.
La vaisselle et le linge se lavent aux bacs prévus, jamais aux lavabos des sanitaires. Les déchets se trient selon les consignes affichées. Traverser l'emplacement du voisin plutôt que d'en faire le tour est considéré comme impoli, même si aucun panneau ne l'interdit.
Une remarque s'impose sur l'ambiance, le camping étant un lieu de proximité, où chacun entend ses voisins et en est entendu. Cette promiscuité fait partie de l'expérience, et la plupart des tensions viennent de gens qui ne l'avaient pas anticipée.
La pluie survient tôt ou tard. Un séjour réussi sous la pluie tient à deux choses, un abri extérieur et une occupation.
Un tarp ou un auvent tendu au-dessus de la table transforme une journée pénible en journée acceptable, car il permet de cuisiner et de manger dehors. Quelques jeux de société, des livres et une liste de visites d'intérieur repérées à l'avance font le reste.
Éviter de replier une tente trempée pour la ranger plusieurs jours, car elle moisit. Si le départ se fait sous la pluie, la faire sécher dès le retour, étendue ou montée dans un garage.
Le camping convient particulièrement aux enfants, à condition de leur donner un rôle. Confier à chacun sa lampe frontale, son sac et une tâche au montage évite l'ennui et les rend fiers.
Prévoir un point de repère visible, car tous les emplacements se ressemblent vite, et convenir d'une consigne simple en cas de perte, le rendez-vous à la réception. Les faire mémoriser le numéro de l'emplacement.
Les nuits sont souvent agitées les premières fois, le bruit et la lumière étant inhabituels. Une veilleuse faible et un objet familier règlent une bonne partie du problème.
Arriver de nuit, et monter la tente à la frontale après six heures de route. Ne pas avoir essayé son matériel. Sous-estimer le froid nocturne et grelotter jusqu'au matin. Emporter trois fois trop d'affaires et passer le séjour à chercher quelque chose dans le coffre.
Deux oublis classiques s'y ajoutent, l'absence de vérification de la météo avant de partir et la rallonge oubliée alors que l'option électricité a été payée.
Aucune de ces erreurs n'est grave, et toutes se corrigent au séjour suivant. C'est d'ailleurs la meilleure façon de conclure, le premier camping se rate un peu, et c'est normal. Le second est presque toujours bon.