
Le camping désigne le fait de séjourner en plein air dans un abri démontable ou mobile, tente, caravane, van ou camping-car. Le mot nomme aussi le terrain aménagé qui accueille ces installations, et par extension le type de vacances qui en découle.
Le terme vient du latin campus, le champ, qui a donné en français l'expression ancienne faire campos, un congé accordé aux écoliers pour aider aux travaux agricoles. La forme moderne nous arrive de l'anglais, substantif dérivé du verbe to camp, installer son camp.
La double filiation du mot résume bien la pratique, une activité de plein air, née d'une nécessité, devenue un loisir.
Dormir sous un abri léger est aussi ancien que la tente elle-même. Le bivouac a d'abord été une nécessité des peuples nomades, puis une pratique militaire, avant de devenir un loisir.
Le basculement se produit au dix-neuvième siècle, quand une élite européenne s'adonne aux sports de plein air. Thomas Hiram Holding fonde en 1901 la première association de campeurs au monde, puis publie en 1908 un manuel qui pose les bases du camping moderne.
En France, l'instauration des congés payés en 1936 change tout. Ce qui était le privilège d'une bourgeoisie sportive devient accessible aux classes populaires. Après la Seconde Guerre mondiale, le tourisme de masse impose la création de terrains organisés, et les premiers campings municipaux apparaissent en bord de mer et à la montagne.
La France compte aujourd'hui près de huit mille terrains aménagés et plus de huit cent mille emplacements, ce qui en fait le premier parc européen et le deuxième mondial après les États-Unis.
Les régions les plus fréquentées sont le pourtour méditerranéen et la façade atlantique, avec l'Occitanie, la région Provence-Alpes-Côte d'Azur et la Nouvelle-Aquitaine en tête. La Bretagne attire particulièrement les camping-caristes. Le secteur, désigné par les professionnels sous le nom d'hôtellerie de plein air, se réserve désormais en grande majorité par internet.
La réglementation française distingue plusieurs types de terrains, et cette distinction a des conséquences concrètes sur ce que l'on y trouve.
Le terrain aménagé est le camping au sens courant, classé de une à cinq étoiles selon ses équipements et ses services. Le classement ne juge pas la qualité de l'accueil mais le niveau de prestations, avec les sanitaires, la superficie des emplacements, la piscine, la restauration et les animations.
L'aire naturelle est une formule plus légère, limitée en nombre d'emplacements et ouverte une partie de l'année seulement, souvent dans un cadre agricole ou champêtre. Le camping chez l'habitant, déclaré en mairie, permet d'accueillir quelques installations dans un terrain privé.
Les parcs résidentiels de loisirs, enfin, sont dédiés aux résidences mobiles et aux habitations légères. Ouverts toute l'année, ils permettent de louer ou d'acheter un emplacement équipé, dans une logique proche de la résidence secondaire.
L'activité est encadrée depuis 1959 par plusieurs codes. Le code du tourisme régit l'hôtellerie de plein air et le classement des établissements. Le code de l'urbanisme définit ce qui peut être aménagé et où. Le code de l'environnement interdit l'exploitation de terrains dans les zones exposées à un risque naturel ou technologique.
Deux obligations concernent directement le campeur. Les établissements doivent afficher leur règlement intérieur à l'entrée, et le séjour vaut acceptation de ces règles, qui portent sur les horaires, le bruit, la circulation des véhicules et les visiteurs. La couverture en responsabilité civile, ensuite, mérite d'être vérifiée avant le départ, car un contrat d'assurance habitation ne couvre pas automatiquement les dommages causés ou subis en camping.
Planter sa tente en dehors d'un terrain prévu à cet effet s'appelle le camping sauvage. La pratique n'est pas interdite en soi, mais elle est très encadrée, et la liste des lieux où elle est proscrite est longue.
Sont notamment exclus les bords de mer et les plages, les routes et voies publiques, les sites classés ou en instance de classement, les abords des monuments historiques, les sites patrimoniaux remarquables, et les environs immédiats des points de captage d'eau potable. À cela s'ajoutent les arrêtés municipaux ou préfectoraux, signalés par panneau, et les règles propres aux parcs nationaux, où le camping est interdit et où seul le bivouac est parfois toléré, de nuit et à proximité d'un itinéraire.
Sur un terrain privé, l'autorisation du propriétaire est indispensable. La règle pratique est simple, un renseignement pris localement avant de s'installer, en mairie ou à l'office de tourisme, vaut mieux que la découverte de l'interdiction au réveil.